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Mon bilan cannois

En cinq jours de présence au Festival de Cannes, j'ai vu douze films, parmi lesquels :
- Un film de la Compétition Officielle : le sublime Valse avec Bachir,
- Cinq films de la Semaine de la Critique, dont trois réjouissantes œuvres belges,
- Six films de la Quinzaine des Réalisateurs, dont quatre films français très décevants.

Ma « mini Compétition »

New Israeli Foundtion for Cinema & Television

Un seul film vu parmi la belle sélection de la Compétition Officielle, cela peut paraître peu, notamment en comparaison avec mes autres années de Festival, où près de la moitié de la compétition passait généralement devant mes petits yeux ébahis. Mais sans aucune accréditation, c'est déjà une chance d'avoir pu assister à une séance officielle en présence du réalisateur, avec traditionnelle montée des marches en tenue de soirée. La projection s'est terminée par une véritable ovation de l'auteur, à tel point que, portée par l'enthousiasme général et par mon admiration pour le film, j'ai cru jusqu'à l'annonce du palmarès que Valse avec Bachir y figurerait. Les journalistes français et étrangers se sont par ailleurs montrés conquis par le film de Ari Folman, les notes dans Screen et dans Le Film Français étant particulièrement élevées. En outre, il était aisé de penser que Sean Penn, artiste et homme engagé, guiderait son Jury vers un palmarès politique au sein duquel Valse avec Bachir trouverait indéniablement sa place. Nous savons maintenant que ça n'a pas été le cas. Gageons que nous reverrons tout de même bientôt Ari Folman sur la Croisette.

Ma Semaine de la Critique : vive la Belgique !

Fiona Gordon. MK2 Diffusion

La Belgique, autre pays du cinéma ? C'est en tout cas la conclusion à laquelle je suis arrivée en constatant que parmi les films du Festival de Cannes qui m'ont le plus marqué, trois sont belges. Il y a d'abord eu Moscow, Belgium, comédie romantique décalée qui a ouvert mon Festival de Cannes. Puis Rumba, hommage drôle et émouvant au slapstick. Enfin, il y a eu Home, comédie déjantée qui tourne au huis clos horrifique. En trois films, la Belgique s'est imposée à mes yeux comme le pays du renouveau cinématographique, les auteurs belges n'hésitant pas à bousculer les habitudes du spectateur et à aller au bout de leurs idées, aussi farfelues ou dérangeantes soient-elles. Noyer ses larmes dans un éclat de rire devant Moscow, Belgium et Rumba ou se sentir étouffer devant Home... Tant de moments de cinéma qui viennent ranimer une cinéphilie rendue vacillante par des « films de Festival » manquant souvent de générosité et de poésie.

Ma Quinzaine des Réalisateurs : un cinéma français à la dérive

Mathieu Amalric. Ad Vitam

Lorsque la programmation de la 40ème Quinzaine des Réalisateurs avait été dévoilée, j'avais rédigé un article enthousiaste centré sur l'intéressante présence française au sein de ma sélection parallèle favorite. Après avoir vu la plupart des films hexagonaux sélectionnés, je ne peux que constater avec effarement que cette programmation m'a autant déçue qu'irritée. Pourquoi ? Parce que je m'attendais à un cinéma frais, inventif, passionné et dynamique et que je n'ai trouvé qu'un cinéma auto-satisfait (Palme d'Or à De la guerre de Bertrand Bonello), hermétique et peu clair dans ses intentions (Dernier Maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche et Le voyage aux Pyrénées des frères Larrieu). Chez Bonello et Ameur-Zaïmeche, chaque plan semble vouloir nous pousser à applaudir la maîtrise du metteur en scène plutôt que nous inviter à plonger dans la fiction. Distanciation et nombrilisme donnent naissance à un cinéma de la non-émotion qui, à force de « poser », se perd tel Narcisse en sa propre réflexion.

 
Moscow, Belgium : une belle romance belge doublement primée !

Les films primés à la Semaine de la Critique ont été dévoilés. Comme chaque année, 7 longs et courts métrages étaient présentés en compétition. J'ai remarqué avec étonnement que les 2 seuls longs que j'ai été amenée à voir parmi cette sélection ont été récompensés. Une chance, puisque j'avais particulièrement envie de revenir sur l'un des deux films en question : Moscow, Belgium de Christophe Van Rompaey, qui a obtenu le Prix SACD et le Prix ACID/CCAS.

Moscow, Belgium suit le quotidien de Matty, quadragénaire abandonnée par son mari obligée de jongler entre son travail à la Poste locale et ses enfants. Humiliée et triste mais prête à faire face à la situation, Matty emboutit un jour accidentellement le camion de Johnny sur un parking. C'est le début d'une histoire d'amour atypique et mouvementée entre deux personnages que rien ne prédisposait à être ensemble.

Moscow, Belgium a constitué ma meilleure surprise de ce 61ème Festival de Cannes. Cette histoire d'amour qui n'ose pas dire son nom entre une quadragénaire et un camionneur de 29 ans est tendre, drôle, attachante mais aussi décalée et parfois complètement déjantée. Cette romance flamande signée Christophe Van Rompaey bouleverse par sa sincérité et la justesse de son portrait d'une certaine « Belgique d'en bas ». Point de glamour hollywoodien ici, le quartier de Moscou (situé à Gand en Belgique) étant à mille lieues de Manhattan. Juste la rencontre salutaire entre deux personnages abîmés par la vie. Certes un tel sujet peut paraître peu novateur, mais le film reste simple et touchant grâce à la retenue de Christophe Van Rompaey, qui évite de baliser son film de trop de clichés inhérents au genre de la comédie romantique. Les acteurs parviennent en outre à s'effacer derrière leurs personnages et ne tombent jamais dans l'excès. Les moments d'émotion paraissent d'autant plus forts qu'ils sont rares et mis en scène sans lourdeur. Multipliant les répliques « vachardes » (notamment dans la mémorable scène de l'accident), Moscow, Belgium provoque l'adhésion immédiate des spectateurs. Aucun des personnages n'est jamais ridicule ou antipathique, même pas le mari, dandy mou et indécis victime du démon de midi, qu'on finit par plaindre de s'être aliéné sa famille presque malgré lui.

 
Moscow, Belgium - ma note pour ce film :
Valse avec Bachir ou la mémoire piège
New Israeli Foundtion for Cinema & Television

Mon coup de cœur du 61ème Festival de Cannes est aussi le seul film de la Compétition Officielle qu'il m'ait été donné de voir : Valse avec Bachir de Ari Folman. Dans ce film d'animation, l'auteur israélien s'interroge sur des événements survenus une vingtaine d'années plus tôt alors qu'il était soldat en faction au Liban.

Dès les premières images de Valse avec Bachir, l'audience est happée dans un univers perdu entre rêve (ou plutôt cauchemar) et réalité. Sur une musique très rythmée, la scène d'ouverture voit une meute de chiens enragés tout dévaster sur son passage. Cette magnifique scène représente le cauchemar récurrent d'un ami du réalisateur hanté par les fantômes des chiens qu'il a dû tuer afin que ces derniers ne donnent pas l'alerte lorsque sa troupe approchait les villes libanaises de nuit. Le passé douloureux et apparemment enfoui dans les méandres du subconscient des protagonistes ne cesse de refaire surface dans leurs rêves tant leur conscience est lourde. Après avoir pris connaissance du cauchemar récurrent de son ami, Ari Folman commence à son tour à voir surgir dans ses rêves d'étranges images nées de son passé de soldat. La suite du film met ainsi en scène la quête de Folman qui tente de se remémorer son passé de soldat en confrontant sa vision à celle de ses ex-camarades de guerre. Guidé par un ami psychiatre, l'auteur n'abandonera son travail de mémoire qu'au moment où ressurgiront des souvenirs tangibles de son rôle dans les massacres de Sabra et Shatila.

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Entre scènes de guerre et scènes oniriques à tendance surréaliste, Valse avec Bachir s'interroge sur la mémoire, la culpabilité, la responsabilité et la rédemption. Ce film très personnel basé sur des entretiens filmés de l'auteur avec d'anciens camarades de l'armée tiendrait a priori complètement du documentaire si la fiction n'avait pas fini par prendre le dessus, notamment via le choix d'un tournage sous forme de film d'animation. Au vu de la gravité du sujet évoqué, un tel choix peut paraître un peu radical. Mais il ne faut pas oublier que l'animation peut aussi verser dans les sujets politiques sensibles, comme Persepolis l'a prouvé l'an dernier (certes sur un ton plus léger). L'animation de Valse avec Bachir, mélange de 3D et d'animation traditionnelle en 2D, rappelle celle du Scanner Darkly de Richard Linklater. Ce parti-pris du réalisateur génère une certaine distanciation du spectateur avec les événements décrits, d'autant plus que de nombreux passages mettent en image des rêves des protagonistes (la femme géante sortie de la mer...). Or, cette distanciation n'empêche à aucun moment d'être totalement immergé dans un récit subjectif qui suscite une empathie immédiate. L'empathie de l'audience est en effet très forte, dans la mesure où Ari Folman choisit de partager avec le spectateur les doutes nés de la remise en cause de ses souvenirs de guerre. Où se trouve la frontière entre réel et imaginaire ? Sur quelle vérité les images surgies du passé qui hantent nos rêves se basent-elles ? Autant de questions auxquelles Valse avec Bachir répond au fur et à mesure du déroulement de son passionnant récit. Et pour ceux qui croyaient avoir rêvé, ce film exceptionnel se referme sur de véritables images d'archives des massacres de Sabra et Shatila, replaçant abruptement dans l'Histoire toute l'animation distanciée qui a précédé.

 
Valse avec Bachir - ma note pour ce film :
Mon dernier jour à Cannes

Lundi 19 Mai. Aujourd'hui est un jour particulier : c'est mon dernier jour à Cannes ! Demain, je passerai la journée dans le train direction le grand nord, où il a d'ailleurs fait largement plus chaud ces derniers temps que sur la Côte d'Azur, où j'ai même pris un peu froid... Un comble !

Ayant été refoulées de la séance matinale des Grandes personnes d'Anna Novion totalement prise d'assaut à la Semaine de la Critique, mon amie cinéphile et moi optons rapidement pour un plan B qui s'avèrera plutôt sympathique, à savoir la projection de Tony Manero de Pablo Larraín au cinéma les Arcades. Il est 11h20. La séance commence à 11h30 à l'autre bout de Cannes. Après avoir traversé la ville aussi vite que possible, nous tatônnons et trouvons enfin 2 places dans l'obscurité de la salle. Le film commence ! Sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, ce film chilien suit les traces d'un homme désirant plus que tout monter avec sa troupe d'amateurs un spectacle inspiré de La Fièvre du samedi soir. Le Chili de Pinochet pourrait bien s'avérer un obstacle majeur, mais c'est sans compter sur la fixation obsessionnelle de ce héros prêt à tout pour survivre et toucher son rêve du doigt. Tony Manero est un film dérangeant centré sur un protagoniste égoïste, antipathique et amoral mais presque fascinant dans sa folie et son « jusqu'au boutisme »... Et si Pablo Larraín avait tout simplement voulu montrer la détresse des classes sociales les moins favorisées et les extrémités auxquelles elles sont poussées en temps de troubles politiques et sociaux ? Cette lecture n'est sans doute pas la seule acceptable, mais le sous-texte politique du film tend à supposer qu'elle n'est pas fantaisiste. Certaines images choc de Tony Manero resteront en tout cas gravées dans ma mémoire pendant longtemps (la scène où le protagoniste s'agenouille pour souiller le costume d'un concurrent au concours de sosie de Travolta/Tony Manero en fait malheureusement partie...). Voilà un film aussi extrême que son héros.

L'après-midi, nous partons pour une rediffusion de Home d'Ursula Meier, projeté en séance spéciale à la Semaine de la Critique la veille au soir. Cet excellent film belge met en scène la lente descente dans la folie d'une famille marginale mais unie qui, après avoir vécu pendant des années au bord d'une autoroute abandonnée, se retrouve confrontée à la soudaine réouverture de la voie rapide qui leur servait jusque là d'aire de jeu. Commençant sur un ton léger en décrivant le quotidien de cette famille qui vit en retrait de la société et s'en accomode parfaitement, le film s'enfonce peu à peu dans une atmosphère étouffante, avant de sombrer dans un huis clos quasi horrifique. Les bruits de circulation saturent la bande son, l'herbe se pare d'une couche noire de pollution... Tout concourt à ce que la famille tellement vivante de la première partie du film se métamorphose peu à peu en une monstrueuse entité étouffant dans son propre cocon. Après Tony Manero, revoilà un film extrême et radical qui exploite son sujet jusqu'au point de non retour. Porté par les prestations inspirées d'Isabelle Huppert et d'Olivier Gourmet, ce deuxième choc cannois de la journée laissera lui aussi des marques indélébiles dans ma mémoire de cinéphile.

 
Carnet cannois : jour 4

Dimanche 18 mai : des liens du sang éclatés à la Semaine de la Critique et un hommage à la Quinzaine

Deux films constituent le programme de mon avant-dernier jour de festival. Premier film de la journée, La Sangre Brota de Pablo Fendrik (en compétition à la Semaine de la Critique) met en scène une famille éclatée dont le fils verse dans le trafic d'ecstasy alors que le père transporte des escrocs locaux dans son taxi. Même si on regrette que les liens qui unissent les personnages ne soient pas toujours très clairs, Pablo Fendrik s'applique à faire monter une tension palpable dès le début du film jusqu'à ce que le sang du titre fasse son apparition. La violence implicite du récit prend alors toute sa dimension dans une impressionnante effusion de sang. Sans concessions, La Sangre Brota met mal à l'aise en plongeant ses spectateurs dans une ambiance glauque à souhait et en laissant peu de chances à ses protagonistes de s'en sortir. Dommage que la sécheresse des rapports entre les personnages et la distance ressentie face à leurs exactions empêchent de s'identifier à eux. Par ailleurs, le gros grain de l'image et la mise en scène « brute » (certains passages caméra à l'épaule agacent) ne m'ont pas séduite. Au final, mon sentiment sur ce film reste mitigé.

Autre film de la journée : 40x15 d'Olivier Jahan, documentaire tourné pour fêter les quarante ans de la Quinzaine des Réalisateurs, est à mon goût un semi-échec. La raison est simple : pour qui s'intéresse à cette sélection parallèle du Festival de Cannes depuis plusieurs années, le film ne brille pas par ses révélations. En effet, la Quinzaine étant depuis 2002 ma sélection préférée du Festival en dehors de la Compétition Officielle, je m'étais déjà penchée sur sa genèse et n'ai pas eu l'impression avec ce film d'en apprendre beaucoup plus sur les coulisses de la manifestation, même si le passage consacré à la préparation de la Quinzaine 2007 était nettement plus intéressant que les témoignages/remerciements de cinéastes divers et variés « nés à la Quinzaine », tels que Jim Jarmush. Le plus étrange devant ce documentaire est de constater à quel point les sélections des différentes sections cannoises sont perméables. On apprend ainsi que 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Critian Mungiu, la Palme d'Or 2007, était très convoité par la Quinzaine mais a préféré « monter en compétition ». Dans ce sens, lorsque certains cinéastes interviewés prétendent que pour rien au monde ils n'auraient échangé leur place à la Quinzaine contre une place en compétition, il n'est pas interdit de douter de leur sincérité... Pour revenir à la perméabilité entre les diverses sélections cannoises, on apprend qu'Un Certain Regard et la Quinzaine se livrent une sorte de guerre froide depuis la création de cette seconde sélection officielle ayant ses quartiers au Palais des Festivals et qu'avant de pouvoir avancer dans sa sélection, la Quinzaine doit apparemment attendre que soit dévoilée la sélection de la Compétition Officielle. Comme le fait si justement remarquer Marie-Pierre Macia, déléguée générale de la Quinzaine des Réalisateurs de 1999 à 2002, cette section a de plus en plus de mal à se démarquer des autres sélections cannoises et à (re)trouver une identité propre. Une intervention plus longue de Marie-Pierre Macia n'aurait d'ailleurs pas été inintéressante, de même qu'un retour sur le passage éclair de François Da Silva à la tête de la manifestation en 2003, année catastrophique tant les choix de programmation ont été radicaux... une intervention de l'intéressé aurait été très éclairante quant à la difficulté d'établir une sélection de Festival. Mais j'imagine que cette expérience ne représente pas le meilleur souvenir de François Da Silva et qu'il n'a peut-être pas envie de revenir dessus. Le dernier mot sera donc emprunté à Olivier Père, délégué général de la Quinzaine depuis 2004, qui affirme dans la dernière partie de 40x15 que « [dans une sélection de Festival], ce n'est pas forcément celui qui aime [un film] qui a raison ».

 
Carnet cannois : Jour 3

Samedi 17 Mai : De Guerre Lasse…

Mathieu Amalric et Clotilde Hesme. Ad Vitam

Après les déconvenues de la veille à la Quinzaine des Réalisateurs, je persiste en allant voir un autre film français de la sélection : De la guerre de Bertrand Bonello. Pour la petite histoire, Mathieu Amalric y interprète Bertrand, double du cinéaste qui après avoir passé la nuit dans un cercueil, cherchera à revivre le sentiment libérateur de cette expérience au sein d’une espèce de secte menée par une jeune italienne qui se bande les seins. L’égocentrisme du réalisateur, qui se complait dans l’auto-citation et ose une référence écrasante à Apocalypse Now est particulièrement désagréable et complètement déplacé tant son film est prétentieux et vide. Fiction hallucinée et mégalo, De la guerre déroule lentement un scénario qui a déjà dit tout ce qu’il avait à dire dans la première moitié de la pellicule. Le reste tient d’une crise de narcissisme… On notera que beaucoup de spectateurs ont quitté la salle et que les applaudissements en fin de projection ont été polis, tout au plus. Avec trois énormes déceptions sur les trois films vus depuis le début du Festival, la sélection française de cette 40ème Quinzaine me déçoit fortement.

L’après-midi, le joli film slovaque Slepé Lasky signé Juraj Lehotsky me réconcilie un peu avec la Quinzaine. Ce long métrage semi-documentaire met en scène le quotidien d’aveugles et malvoyants soit en couple soit cherchant l’amour. Si certains destins émeuvent plus que d’autres, la personnalité hors du commun des protagonistes porte le film. Le pianiste/professeur de musique et sa femme qui lui tricote un pull provoquent une empathie immédiate et durable. Quant à l’adolescente, son itinéraire est touchant et sa fraîcheur évoque en nous ces années si particulières durant lesquelles sérieux et insouciance se mariaient si bien. Les problèmes de vue des protagonistes finissent par s’effacer derrière l'humanisme du film. Un beau moment de cinéma.

 
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